Brésil : le lourd tribut économique du retour à l’éthique

La lutte contre la corruption a aggravé la crise brésilienne, notamment dans les secteurs du BTP et de l’énergie, mettant en difficulté les entreprises et les ménages.

LE MONDE ECONOMIE | 30.03.2017 à 11h45 | 

Par Claire Gatinois (São Paulo, correspondante)

Quelques milliers de manifestants, tout au plus, sont venus crier, dimanche 26 mars, leur indignation contre la corruption qui gangrène les affaires et la politique au Brésil. Un fiasco. Trois ans après la déflagration de l’opération « Lava Jato » (lavage express), qui a mis au jour le tentaculaire système de pots-de-vin impliquant cols blancs et politiciens sur fond de pillage des caisses du groupe public pétrolier Petrobras, la lassitude semble l’emporter sur la soif d’éthique. C’est que la crise économique, brutale et profonde, est passée par là. Et pour une partie du Brésil, « Lava Jato » en est, en grande partie, responsable.

« Lava Jato a paralysé le pays en mettant au chômage des millions de travailleurs qui n’avaient rien à se reprocher ! », dénonce João Cayres, secrétaire de la Centrale unique des travailleurs (CUT), syndicat proche du Parti des travailleurs (PT, gauche). A ses yeux, le manque de discrétion des policiers, qui auraient transformé l’opération en un spectacle médiatique, a contribué à laminer le tissu industriel du pays. « Je ne défends pas les corrompus, mais ailleurs dans le monde on condamne les coupables, pas l’entreprise dans son ensemble », poursuit M. Cayres.

Une chute du prix des matières premières Il serait hasardeux d’attribuer la chute de 9 % du produit intérieur brut (PIB) depuis 2014 et les quelque 13 millions de chômeurs au seul pouvoir judiciaire. L’année 2014, celle des premières arrestations choc, fut aussi celle du ralentissement de la croissance chinoise, partenaire important du Brésil, et de la chute du prix des matières premières, sur lesquelles le pays avait fondé sa prospérité.

« L’opération “Lava Jato” n’a pas plongé à elle seule le Brésil dans la crise mais a affecté deux secteurs importants, ceux de l’énergie et de la construction, qui comptaient pour 15 % des investissements en 2013 », détaille Gabriel Kohlmann, du cabinet de conseil Prospectiva.

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